Henry Morton Stanley
Personne — Explorateur, journaliste, premier Européen à documenter Isangi
L’explorateur qui mit les Lokele sur la carte
« Lors du passage du premier Blanc — Stanley, en janvier 1877 —, les riverains le reçurent en criant « Lokele ! Lokele ! » (paix ! paix !), craignant de sa part le même comportement que celui des Arabes. »
Monographie d’Isangi (sur l’origine du nom « Lokele »)
Fiche d’identité
- Naissance : 28 janvier 1841, Denbigh (pays de Galles)
- Mort : 10 mai 1904, Londres
- Profession : journaliste, explorateur (envoyé du New York Herald)
- 1er contact Lokele : janvier 1877, descente du Congo
- Passage à Isangi : décembre 1883 (2e expédition)
- Rôle historique : premier Européen à atteindre et décrire Isangi
Le journaliste devenu explorateur
Né John Rowlands au pays de Galles en 1841, Henry Morton Stanley émigre jeune aux États-Unis, prend le nom de son bienfaiteur et devient journaliste. Envoyé par le New York Herald, il retrouve le Dr Livingstone à Ujiji en 1871 — la rencontre qui le rend célèbre dans le monde entier (« Dr Livingstone, je présume ? »).
La descente du Congo (1876-1877) : le premier contact
En octobre 1876, Stanley entreprend la descente du fleuve Congo, encore largement inconnu des Européens. Il quitte Nyangwe le 5 novembre, traverse la forêt équatoriale, et atteint le fleuve. Le 6 janvier 1877, il est bloqué par les chutes Boyoma (qu’il mettra 20 jours à contourner) — c’est à ce moment qu’il traverse le territoire des Lokele.
La monographie d’Isangi raconte ce passage : les riverains, qui venaient de subir les razzias des Arabes esclavagistes, l’accueillent en criant « Lokele ! Lokele ! » — c’est-à-dire « paix ! paix ! » —, redoutant le même comportement. Stanley, entendant ce cri répété de village en village, croit que ces gens déclinent leur identité, et les appelle dès lors les « Lokele ». C’est l’une des origines possibles du nom du peuple.
L’expédition est terrible : Stanley doit forcer le passage à plusieurs reprises, combat contre les Basoko (1er février) et les Bangala (14 février), franchit les chutes Livingstone au prix de cinq mois d’efforts. Seuls 115 des 356 compagnons africains atteignent la côte atlantique en août 1877. Stanley est le dernier des quatre Européens encore vivants.
Le retour à Isangi (décembre 1883)
En 1879, Stanley repart au Congo, cette fois pour le compte du roi Léopold II de Belgique, qui veut fonder un État dans le bassin du Congo. En décembre 1883, il remonte le fleuve et passe à Isangi — il est le premier Européen à atteindre cette ville. Il estime la population à environ 8 000 habitants et décrit les dévastations causées par les Arabes, chasseurs d’esclaves et d’ivoire. Les habitants, qui avaient commencé à reconstruire, fuient sur l’autre rive à l’arrivée de sa flottille.
L’héritage
Les récits de Stanley — À travers le continent mystérieux (1878), The Congo and the founding of its free state (1885) — sont les premières descriptions écrites de la région d’Isangi et des Lokele. Ils ouvrent la voie à l’exploration missionnaire (Yakusu, la Baptist Missionary Society) et à la colonisation. Figure controversée — l’explorateur a utilisé la force à plusieurs reprises —, il reste celui qui a fait entrer Isangi et le peuple Lokele dans l’histoire documentée.
Sources
- Monographie d’Isangi, chapitres 2.2 et 2.4 — origine du nom « Lokele », passage de janvier 1877
- Wikipédia — Isangi (passage de décembre 1883, estimation 8 000 habitants)
- Wikipédia — Henry Morton Stanley ; Larousse
- Stanley, Henry Morton, The Congo and the founding of its free state (1885) et À travers le continent mystérieux (1878)